Intervention de Stévio Ulrich Baral-Angui et de Ghislain Méliodore Mvoula-Massamba

Dans le panel III intitulé : ‘’Les évolutions de l’industrie musicale à l’ère des outils numériques, opportunités et défis à relever pour booster l’économie de la musique en Afrique’’, Stévio Ulrich Baral-Angui  et de Ghislain Méliodore Mvoula-Massamba ont mis en exergue : ‘’La rumba congolaise à l’aune de l’intelligence artificielle : défis et perspectives’’. 

Qui est Stévio Ulrich Baral-Angui?

Stévio Ulrich Baral-Angui est musicographe, docteur en histoire contemporaine. Il est chercheur au Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Université Marien N’gouabi (UMNG) et au Centre Universitaire de Recherche sur l’Afrique (CURA).  Il est auteur de plusieurs articles scientifiques parus dans des revues spécialisées. Ses travaux portent notamment sur des questions de musique, de patrimoine, d’identité, de mémoire et de culture urbaine.

Qui est Ghislain Méliodore Mvoula-Massamba ?

Ghislain Méliodore Mvoula-Massamba est Docteur en Littératures francophones. Il est Assistant au parcours-type Littératures et Civilisations Africaines de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. Membre du Groupe de Recherche Interdisciplinaire en Littérature Africaine (GRILA) et du Centre Universitaire de Recherche sur l’Afrique (CURA), ses travaux de recherches portent sur l’intertextualité, l’intermédialité, la narratologie et la Rumba congolaise. Il a publié plusieurs articles scientifiques dans des revues spécialisées.

Résumé de leur communication

Ces vingt dernières années, l’Intelligence artificielle (IA) a considérablement transformé la physionomie de la Rumba congolaise. Cet outil technologique permet en effet à de nombreux artistes d’améliorer la qualité artistique et acoustique de leurs œuvres, de les interpréter de manière plus raffinée et de produire sur scène des sons et des rythmes avec plus de facilité. L’IA leur offre ainsi de multiples opportunités. Cependant, l’essor de ces nouvelles technologies suscite quelques appréhensions, notamment chez les puristes et les nostalgiques de l’époque des disques vinyles, ou plus récemment, des Compacts discs (CD). Ces derniers perçoivent le recours effréné à la technologie comme une menace pour l’originalité, l’authenticité et l’identité de la Rumba congolaise, un genre musical qui est avant tout une expression sociale et culturelle. Ils estiment en outre que ces avancées technologiques rendent les artistes moins créatifs et vident, par conséquent, leur musique de sa substance. Á leurs yeux, celle-ci cesse d’être un point d’ancrage identitaire pour les artistes et les mélomanes, un élément référentiel, c’est-à-dire un pan de préservation de leur relation spirituelle, sociohistorique, émotionnelle et mémorielle à eux-mêmes et à leur passé. Derrière ces inquiétudes se profile une question essentielle : quel avenir pour la Rumba congolaise à l’ère des nouvelles technologies ? Cette interrogation ouvre deux perspectives. La première, ancrée dans l’anthropologie culturelle, s’interroge sur l’impact de la production artificielle des sons : contribue-t-elle à ébranler les repères perceptifs anciens ? La seconde perspective est d’ordre juridique. Elle examine la législation congolaise en matière de droits d’auteur, d’en scruter les faiblesses sur la protection des œuvres produites et reproduites grâce l’IA, afin d’envisager et de proposer les réformes nécessaires.

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