Actualités du FESPAM

12e édition

Les femmes de la rumba congolaise sortent de l’ombre

Brazzaville a vibré, le 24 juillet 2025, au rythme des voix féminines qui ont façonné l’histoire de la rumba congolaise. Dans le cadre de la 12 édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), la réalisatrice Yamina BENGUIGUI a présenté, à Canal Olympia, son film documentaire de 70 minutes intitulé « Rumba congolaise, les héroïnes », en présence du président de la République, Denis Sassou N’guesso, et des membres du gouvernement.

Ce documentaire met en lumière le parcours de femmes des deux rives du fleuve Congo, longtemps restées dans l’ombre des grandes figures masculines de la rumba. Lucie EYENGA, première artiste féminine de la RDC à interpréter ce genre musical, Mbilia Bel, Faya Tess, Barbara Kanam et, du côté de Brazzaville, la slameuse Mariusca Moukengue, figurent parmi ces pionnières et héritières. « C’était important pour moi de sortir toutes ces femmes de l’invisibilité. Ce documentaire raconte aussi leur place dans l’histoire, notamment la colonisation et l’arrivée des indépendances », a confié Yamina BENGUIGUI à l’issue de la projection.

Des figures féminines enfin reconnues

Ce projet, le deuxième de la réalisatrice, consacré au Congo, est né d’un constat : lors d’une cérémonie réservée à la rumba à l’Unesco, récemment inscrite au patrimoine immatériel mondial en 2021, le rôle des femmes avait été largement oublié. Avec ce film, Benguigui entend réparer cette injustice en retraçant leurs contributions artistiques et sociales.

Pour Barbara Kanam, cette reconnaissance marque un tournant. « C’est la première fois dans l’histoire de la rumba que les femmes sont mises en avant. C’est un honneur de faire partie de ces héroïnes, aux côtés de celles qui nous ont précédées, comme Lucie Eyenga ou Tchala Muana », a-t-elle déclaré avec émotion.

De son côté, la slameuse brazzavilloise Mariusca MOUKENGUE voit dans ce documentaire une opportunité de mettre en lumière la créativité féminine. « L’artiste est la voix des sans voix et le miroir de la société. Il est important de parler des réalités de nos communautés tout en portant un message d’espoir », a-t-elle affirmé.

La rumba, levier de culture et de développement

Présente à la projection, la représentante de l’UNESCO au Congo, Fatoumata Barry Marega, a rappelé que la rumba ne se limite pas à sa valeur patrimoniale : « Elle ouvre la voie à d’autres filières comme la création musicale, le numérique, la protection des droits d’auteur et la formation des artistes », a-t-elle souligné.

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