Actualités du FESPAM
12e édition
Interview : Jacqueline Babindamana plaide pour la construction du Musée Panafricain de la Musique
Dans le cadre de la 12e édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), qui se déroule du 19 au 26 juillet 2025, cinq pays africains, à savoir : la RD Congo, la Mauritanie, le Rwanda, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont offert des instruments traditionnels africains au Musée panafricain de la musique, lors d’une cérémonie organisée le lundi 21 juillet 2025 au Palais des Congrès de Brazzaville. À cette occasion, nous avons échangé avec Mme Jacqueline Babindamana, responsable des collections du Musée, qui a exprimé son souhait de voir les autorités bâtir un musée digne de ce nom.
Pouvez-vous nous parler des instruments qui composent cette nouvelle collection ? Et d’où proviennent-ils ?
Jacqueline Babindamana : Lors de la cérémonie officielle de remise des instruments de musique, en présence du public et des autorités, notamment Madame le Ministre, plusieurs dons ont été reçus. Parmi eux, deux balafons : l’un offert par la République démocratique du Congo et l’autre par la Côte d’Ivoire. Le Sénégal nous a offert un tamma, bien que nous possédions déjà un tambour portant le même nom mais provenant du Tchad. Cela montre qu’en Afrique certains instruments existent sous différentes formes dans plusieurs régions. Le Rwanda a enrichi notre collection avec trois instruments : un arc musical appelé « umuduri » ou « umudury », un « inga » et un tambour nommé « ingoma », qui est un terme général fréquemment utilisé pour désigner les tambours ailleurs en Afrique. Enfin, la Mauritanie nous a fait don d’un tidinit. Ces nouveaux ajouts viennent densifier la richesse musicale sauvegardée par notre Musée et nous sommes très heureux d’avoir reçu ces contributions précieuses.
Quel apport cette collection représente-t-elle pour le Musée et pour le public ?
Jacqueline Babindamana : Elle contribue à enrichir la collection existante du Musée panafricain de la musique, jouant ainsi un rôle primordial dans la préservation et la protection de ce patrimoine culturel. Ces instruments sont conservés afin d’être transmis intact aux générations futures, garantissant une continuité dans la mémoire collective africaine.
Comment aide-t-elle à valoriser la culture africaine ?
Jacqueline Babindamana : Ces dons permettent une valorisation significative de la culture africaine et servent à éviter que ces éléments fondamentaux de notre héritage disparaissent. Le Musée panafricain de la musique est dédié à cet objectif : préserver et promouvoir les instruments traditionnels. Cela revêt une importance particulière au vu du contexte actuel, où les jeunes citadins africains méconnaissent souvent leur propre histoire culturelle. Grâce au Musée et à sa collection, ils peuvent découvrir et s’approprier des fragments essentiels de la culture africaine.
Quel rôle le Musée panafricain de la musique joue-t-il dans la diffusion et la mise en valeur de ce patrimoine social ?
Jacqueline Babindamana : Le Musée panafricain occupe une place centrale dans l’unification culturelle du continent. Contrairement aux musées nationaux qui exposent principalement les instruments d’un seul pays, notre musée rassemble des objets provenant de toute l’Afrique. À chaque édition du festival ou événement culturel international lié au Musée, les délégations participantes apportent un ou plusieurs instruments pour enrichir la collection. Cela illustre parfaitement l’idée d’une Afrique soudée autour de son patrimoine commun, comme le symbolise l’Union Africaine.
Un dernier mot pour conclure ?
Jacqueline Babindamana : Je voudrais adresser un appel aux autorités congolaises, ainsi qu’à celles des autres pays africains. Il est impératif de réfléchir sérieusement à la construction d’un bâtiment digne du Musée panafricain de la musique. Nous disposons déjà des instruments, des ressources humaines pour gérer et valoriser cette collection exceptionnelle. Mais il nous manque une infrastructure appropriée. Je souhaite que le Président de la République prenne en compte cette réalité et donne vie à ce projet inachevé, afin que le Musée panafricain de la musique devienne un véritable pilier pour la préservation de notre identité culturelle collective.