Actualités du FESPAM
12e édition
Gervais Tomadiatunga, la fierté chorégraphique congolaise
De l’interprète d’hier au maître de scène d’aujourd’hui, Gervais Tomadiatunga, l’enfant du pays devenu chorégraphe, incarne une génération d’artistes congolais engagés et exigeants. Chorégraphe de la 12e édition du FESPAM, il revient avec émotion sur ses prestations à l’ouverture et à la clôture du festival. Des prestations rehaussées par la présence du président de la République, Dénis SASSOU NGUESSO
L’émotion est encore vive chez Gervais Tomadiatunga. « Je suis très ravi, très content déjà d’être arrivé à la clôture du FESPAM, parce que le travail était assez intense », confie-t-il. À la tête de la création chorégraphique des spectacles d’ouverture et de clôture des 19 et 26 juillet dernier, il savoure une reconnaissance sans précédent. « Le premier spectacle qu’on a fait à l’ouverture a eu un très bon accueil, au niveau du public et même du Président de la République. C’est ça aussi qui a motivé notre retour à la clôture. Ce n’était jamais arrivé depuis la création du festival », souligne-t-il, fier de cette opportunité offerte à la jeunesse.
Une proposition artistique audacieuse
Pour la clôture, le chorégraphe a proposé un spectacle inédit, nourri d’un travail intense mené en une semaine seulement. « J’ai préféré laisser le public voyager sans trop en dire. C’était une forme différente, plus ouverte sur l’Afrique », explique-t-il. Fidèle à l’esprit panafricain du FESPAM, il a intégré dans son équipe des artistes du Mali et du Sénégal : « On ne peut pas rester local, le FESPAM, c’est du panafricanisme ».
Formé au Centre de formation et de recherche en art dramatique (CEFRAD) de Brazzaville, puis au Ballet et au Théâtre national, Tomadiatunga a ensuite bénéficié de stages à l’Institut Français. « Il y a vingt ans, je dansais au FESPAM en tant qu’interprète. Aujourd’hui, je suis chorégraphe. C’est un honneur pour moi, enfant du pays, de créer un spectacle qui étonne au point qu’on dise : « ce n’est pas un Congolais qui a fait ça » », confie-t-il avec humilité.
Une formation exigeante au service des jeunes talents
Outre la création, l’artiste avait aussi pour mission de former les danseurs. « Madame le Ministre m’avait confié cette tâche. On leur a appris une autre manière de penser la danse, de chorégraphier, de mettre en scène notre culture », raconte-t-il. Le résultat ? Un enthousiasme palpable chez les jeunes artistes congolais : « Ils veulent que je reste pour continuer la formation ».
Un plaidoyer pour une politique nationale de formation
Malgré les difficultés, poussière, manque de moyens, le chorégraphe congolais résidant en France retient la détermination des organisateurs : « Madame le Ministre Marie-France Hélène Lydie PONGAULT s’est battue. Elle a tenu toutes ses promesses », insiste-t-il. Pour lui, le véritable défi est structurel : « Il faut mettre en place un programme de formation adapté. Le travail de chorégraphe demande beaucoup d’intelligence et de rigueur ».
Avec sa compagnie Danse Incolore, Gervais Tomadiatunga puise dans toutes les danses du pays pour créer une identité originale. « Je suis Congolais d’un pays aux centaines d’ethnies, je me nourris de cette richesse. Quand je crée, je veux faire dialoguer nos identités culturelles sur scène », conclut-il.
Le FESPAM 2025 aura donc été, pour lui, plus qu’un festival : un manifeste chorégraphique et un acte de transmission.